Article de Juin 2024
Olivier Baroin, un parcours au service de la joaillerie ancienne
Joaillier, antiquaire, expert : rares sont les professionnels qui réunissent ces trois métiers au sein d'une même carrière. Olivier Baroin les a exercés tour à tour, puis simultanément, jusqu'à devenir la référence mondiale de l'œuvre de Suzanne Belperron. Retour sur un itinéraire commencé très tôt, dans les ateliers parisiens.
Une formation de joaillier dès l'adolescence
C'est à 14 ans qu'Olivier Baroin intègre la BJOP, devenue depuis la Haute école de joaillerie de Paris. Il s'y distingue rapidement : la fleur qu'il présente lors de l'exercice de fin d'année remporte le premier prix pour ses proportions esthétiques, même si l'exécution reste alors perfectible. Cette exigence de volume, de rondeur et de générosité dans le travail du métal deviendra une constante de son approche du bijou.
Suivent plusieurs années passées en atelier, à affiner sa main et son œil, avant une bifurcation vers le commerce au Comptoir de Paris. Il y découvre la relation client et participe à une croissance spectaculaire : en six ans, l'équipe passe d'une dizaine à une cinquantaine de personnes.
La Loïe Fuller, une boutique entre création et bijoux anciens
En 1998, à 30 ans, Olivier Baroin franchit le pas de l'indépendance et ouvre sa propre boutique avenue de Versailles, baptisée La Loïe Fuller. Le lieu reflète déjà sa double identité professionnelle : une vitrine consacrée aux bijoux anciens qu'il chine, une autre dédiée à ses propres créations, le tout entouré d'objets d'art dénichés au fil de ses recherches.
Cette période forge son regard d'antiquaire et sa connaissance intime du marché du bijou ancien, deux compétences qui se révéleront décisives quelques années plus tard.
2012 : la rencontre avec l'œuvre de Suzanne Belperron
Le tournant survient en 2012, lorsque Olivier Baroin croise le chemin de la succession de Suzanne Belperron. Le légataire universel de la créatrice lui confie alors deux missions majeures : rédiger un ouvrage de référence sur son œuvre et officier comme expert en titre lors de la vente des bijoux organisée chez Sotheby's à Genève.
Cette vente fait date. La salle s'enflamme et la vacation s'achève en vente en gants blancs, tous les lots trouvant preneur pour un total de 3,5 millions.
L'expertise Belperron, une activité à part entière
Fort de cette expérience, Olivier Baroin acquiert les archives de Suzanne Belperron et fonde une société entièrement consacrée à l'expertise de son œuvre. Aujourd'hui, dès qu'une pièce Belperron apparaît sur le marché, où que ce soit dans le monde, les acheteurs réclament un certificat d'authenticité.
L'exercice est facilité par une particularité historique : tous les bijoux de la créatrice sont sortis du même atelier, ce qui rend leur identification remarquablement fiable pour un œil exercé. Cette cohérence de fabrication, combinée aux archives, fait de l'expertise Baroin un passage obligé pour les collectionneurs et les maisons de vente.
Montmartre, sur les traces de la créatrice
Après la publication de son livre sur Suzanne Belperron, Olivier Baroin opère un choix radical : il se sépare de sa maison et de ses objets d'art pour s'installer sur la butte Montmartre, le quartier même où vivait la créatrice. Il y vit entouré du mobilier de Suzanne Belperron, qu'il a patiemment racheté.
Un ensemble qu'il conserve avec une idée en tête : lui consacrer, un jour peut-être, une grande exposition.